Cas types

Cas type : comment une PME de 12 voitures peut passer à l’électrique entre 2027 et 2030

Cas type fictif : une PME de 12 voitures planifie sa transition vers l’électrique entre 2027 et 2030. L’outil du site chiffre les taxes évitées, l’impact des loyers et les limites du scénario.

Par S. Raynal Publié le 4 min de lecture
Voitures de société garées sur un parking couvert
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Situation

Voici un cas type fictif et générique, construit pour illustrer le calcul réalisé avec l’outil du site. La PME étudiée exploite 12 voitures de tourisme : 8 berlines diesel pour ses commerciaux et 4 citadines essence de service.

Son objectif est simple à formuler, plus délicat à piloter : remplacer progressivement la flotte par des électriques entre 2027 et 2030, au fil des fins de contrat de location, puis mesurer ce que ce basculement change sur la facture annuelle.

La transition suit les échéances des contrats, sans résiliation anticipée. Si vous voulez relier ce cas à une trajectoire plus large, la feuille de route PME pour passer à l’électrique donne un cadre utile.

Hypothèses retenues par l’outil

Le calcul repose sur des hypothèses fixes. Elles sont volontairement simples pour rendre le scénario lisible et comparable d’une année à l’autre.

Parc initialUsageCO2 WLTPKilométrage annuelConsommationPrix énergie TTC
8 berlines dieselCommerciaux130 g32 000 km par an chacune5,6 L/100 km1,75 € le litre
4 citadines essenceService118 g12 000 km par an chacune6,2 L/100 km1,85 € le litre
Voitures électriquesConsommationCoût de recharge moyen TTCSurcoût de loyer
Remplacement progressif17 kWh/100 km0,30 € le kWh600 € par an et par voiture

La trajectoire cible est elle aussi claire : 25 % de la flotte en électrique au 1er janvier 2027, 50 % en 2028, 75 % en 2029, puis 100 % en 2030.

Le planificateur applique le barème 2026 des taxes annuelles, puis celui de 2027 pour les années suivantes, tant qu’aucun autre n’est voté¹. Les règles de ces taxes sont détaillées par l’administration².

Résultats donnés par l’outil

Le premier signal concerne la fiscalité. À flotte inchangée, les taxes annuelles passent de 12 636 € en 2026 à 16 144 € par an de 2027 à 2030.

AnnéePart électriqueTaxes payéesTaxes évitéesÉcart total
20260 sur 1212 636 €0 €0 €
20273 sur 1212 108 €4 036 €5 635 €
20286 sur 128 072 €8 072 €11 269 €
20299 sur 124 036 €12 108 €16 904 €
203012 sur 120 €16 144 €22 538 €

Sur la période 2026 à 2030, l’outil affiche 40 360 € de taxes annuelles évitées et 56 346 € d’économie, énergie et loyers compris.

Le message est net : plus la part électrique progresse, plus la charge fiscale diminue. En 2030, la flotte entièrement électrique ne paie plus de taxes annuelles.

Variante avec un loyer plus élevé

L’outil teste aussi un scénario où le loyer annuel d’une électrique augmente de 600 € à 1 500 € par voiture.

AnnéeTaxes évitéesÉconomie totale
20274 036 €2 935 €
20288 072 €5 869 €
202912 108 €8 804 €
203016 144 €11 738 €

Le total sur la période tombe alors à 29 346 € d’économie, avec les mêmes 40 360 € de taxes évitées. Le levier qui pèse le plus dans le résultat final reste donc le coût du contrat de location de l’électrique.

Enseignements du cas

  • Le barème fiscal change la donne : la flotte inchangée coûte plus cher en taxes annuelles dès 2027.
  • Le remplacement à l’échéance est la voie la plus propre : la PME évite les frais liés à une résiliation anticipée.
  • Le loyer doit se négocier finement : passer de 600 € à 1 500 € par an et par voiture réduit fortement l’intérêt économique.
  • La transition peut rester progressive : le scénario par paliers évite de bouleverser l’exploitation.

Pour une flotte qui veut garder la main sur ses arbitrages, ce type de cas illustre bien la méthode : avancer par contrat, par usage et par coût total. C’est aussi ce que rappelle notre dossier sur l’intégration des véhicules électriques dans une flotte d’entreprise, avec la recharge comme point de passage obligé.

Autre point utile : avec 12 voitures, cette PME ne relève pas de la taxe incitative au verdissement, qui vise les flottes de 100 véhicules et plus. Le cadre réglementaire n’est donc pas le même qu’à l’échelle d’un grand parc.

Refaire le calcul

Chaque lien ouvre l’outil avec les hypothèses de ce cas type déjà saisies : il suffit de changer une valeur pour tester votre propre situation.

Limites du calcul

Ce planificateur donne une lecture utile, mais partielle. Il ne prend pas en compte l’avantage en nature des salariés, alors qu’il est réduit de 70 % pour une électrique éligible. Il ne mesure pas non plus le malus, la valeur de revente, ni le coût des bornes à installer.

Autrement dit, ce cas type sert à cadrer une trajectoire et à comparer des ordres de grandeur. Sur une flotte réelle, les usages, les contraintes de recharge et les conditions de chaque contrat complètent la lecture.

Sources

1. BOFiP BOI-AIS-MOB-10-30-20, taxes annuelles

2. Entreprendre service-public, taxes sur l’affectation des véhicules de tourisme

Rédigé par

S. Raynal

Spécialiste RSE et électrification des flottes, Sophie conçoit des feuilles de route de transition pragmatiques. Elle arbitre entre électrique, hybride et thermique selon usages réels et contraintes de recharge. Articles clairs, jalons mesurables et cas types chiffrés.