ROI des bornes de recharge en flotte ETI : ce qui compte vraiment en 2026
Pour une ETI, installer des bornes de recharge ne se résume pas à acheter du matériel. Vous engagez un projet de flotte, de budget et d’organisation. Le bon calcul de retour sur investissement repose sur trois blocs : le coût de départ, les économies d’usage et les gains indirects liés à la politique mobilité.
Des coûts d’entrée très variables selon la puissance
Le ticket d’entrée dépend d’abord du type de borne. Une borne AC reste la porte d’entrée la plus accessible pour une flotte de véhicules de fonction ou de service. Hors installation, les bornes AC se situent souvent entre 1 000 et 2 500 € ; une fois posées, les montants montent selon la puissance, les travaux électriques et le génie civil.¹
| Type de borne | Ordre de grandeur du coût | Usage fréquent |
|---|---|---|
| AC 7,4 kW | 2 000 à 3 500 € HT posée | Recharge de nuit, bureaux, parkings salariés |
| AC 22 kW | 3 000 à 4 500 € HT posée | Rotation plus rapide sur site |
| DC 24 kW | À partir de 15 000 € HT | Sites avec besoin de recharge accélérée |
| DC 50 kW | 20 000 à 30 000 € HT | Flotte plus intensive, usage mixte |
| DC 150 kW et plus | 35 000 à 50 000 € HT | Sites à forte contrainte de temps |
Pour une ETI, la bonne question n’est pas "combien coûte une borne ?" mais "combien coûte le bon niveau de service sur chaque site ?" Un site tertiaire n’a pas les mêmes besoins qu’un dépôt ou qu’un établissement avec forte rotation de véhicules.
Les économies annuelles qui font basculer le ROI
Le premier levier reste le carburant. Selon les usages, la recharge d’un véhicule électrique coûte environ trois fois moins cher que l’énergie d’un véhicule thermique. Sur un parcours de 20 000 km par an, l’économie peut atteindre jusqu’à 800 € par an et par véhicule dans certains cas d’usage, et les ordres de grandeur communiqués par les acteurs du marché montrent aussi des gains plus élevés selon le profil et le point de recharge utilisé.²
À cela s’ajoute l’entretien. Les véhicules électriques demandent moins d’opérations de maintenance que les modèles thermiques, ce qui allège le TCO sur la durée de vie du véhicule. Pour une flotte ETI, ce point compte vite dès que plusieurs dizaines d’unités sont concernées.
Le ROI se joue donc sur la combinaison du coût d’installation, du prix de l’énergie évitée et du niveau d’usage réel des véhicules sur site.
Les revenus indirects qu’un directeur financier ne peut pas ignorer
Les bornes génèrent aussi des bénéfices moins visibles, mais bien réels. D’abord, elles renforcent l’image employeur et l’argument RSE. Ensuite, elles sécurisent l’adoption des véhicules électriques par les collaborateurs, ce qui facilite une politique voiture de fonction cohérente.
La recharge sur le lieu de travail bénéficie en outre d’un cadre fiscal favorable. La prise en charge des frais de recharge par l’employeur reste exclue de l’avantage en nature dans les conditions prévues par les textes cités dans la recherche, ce qui limite le frottement social sur le sujet.
Pour aller plus loin sur la logique flotte, vous pouvez aussi relier ce sujet à l’amortissement des bornes de recharge en entreprise et à la planification de la recharge au travail.
Multi-sites : la supervision change tout
Dès qu’une ETI gère plusieurs implantations, la question n’est plus seulement technique. Elle devient opérationnelle. Sans supervision centralisée, vous perdez vite en lisibilité sur les consommations, les accès et la refacturation.
Des solutions comme Qovoltis ou Zeplug permettent de piloter les bornes à distance, de suivre les données en temps réel et d’organiser une facturation adaptée au site, au collaborateur ou au centre de coût. C’est particulièrement utile quand vous combinez plusieurs modèles :
- recharge offerte sur certains sites
- recharge partiellement prise en charge
- refacturation complète à l’usage
La gestion multi-sites prend alors une autre dimension : badges RFID, remontée de données, droits d’accès, ventilation comptable. Vous gardez la main sans créer une usine à gaz.
Quelles aides restent disponibles en 2026 ?
Le paysage a changé. Certains dispositifs ont disparu, mais tout n’est pas fermé. Le programme ADVENIR reste mobilisable sur certains cas, notamment pour les parkings ouverts au public, avec une prise en charge partielle du montant HT selon les conditions du dossier. Des aides régionales et locales peuvent aussi compléter le montage.
À cela s’ajoutent les leviers fiscaux évoqués dans la recherche : récupération de TVA sur l’achat et l’installation, et amortissement du matériel sur plusieurs années. Le cumul de ces mécanismes réduit nettement le coût net d’un projet.
Un exemple simple de lecture du ROI
Prenons une ETI qui équipe un site principal avec des bornes AC pour les véhicules de fonction. L’investissement initial reste contenu par rapport à une solution DC. Si chaque véhicule permet une économie annuelle sur le carburant et que la flotte compte plusieurs dizaines d’unités, le retour sur investissement se construit vite, surtout si le site est multi-utilisateurs et bien supervisé.
Le bon arbitrage consiste souvent à réserver la DC aux usages qui le justifient, et à standardiser l’AC sur les sites tertiaires. C’est plus robuste, plus lisible et plus facile à déployer par étapes.
En 2026, la meilleure stratégie n’est pas de tout électrifier d’un coup. Vous gagnez à dimensionner chaque site selon ses usages, à verrouiller la supervision et à traiter le ROI comme un sujet de flotte complète, pas comme un achat d’équipement isolé.
Sources
1. Travaux.com
2. Ze-Watt