Quelle durée d’amortissement viser en 2026 ?
Pour une entreprise, une borne de recharge n’est pas un simple équipement technique. C’est un investissement qui s’amortit, réduit le résultat imposable et se pilote comme un actif de flotte à part entière. En 2026, la durée d’amortissement reste le plus souvent comprise entre 5 et 10 ans, avec une logique comptable assez stable : plus le coût global est élevé, plus la période retenue peut s’étirer.
La rentabilité économique peut, elle, arriver bien plus tôt. Selon l’usage, la fréquentation et le coût de l’électricité, le retour sur investissement observé peut descendre vers 8 mois à 3 ans pour des bornes AC bien utilisées. Pour une borne rapide, le délai est souvent plus long, plutôt 4 à 7 ans, car l’investissement initial pèse davantage.
AC ou DC : le type de borne change l’équation
Bornes AC
Les bornes en courant alternatif, généralement entre 7 et 22 kW, restent les plus accessibles à l’achat et à l’installation. Leur coût se situe souvent entre 2 000 et 4 000 € HT. À ce niveau de ticket, l’amortissement est souvent plus lisible, surtout si la borne sert plusieurs véhicules ou si elle accompagne une flotte de véhicules de fonction et de service. Pour un cadrage plus large de l’infrastructure, vous pouvez aussi vous appuyer sur notre dossier sur les bornes de recharge d’entreprise et le choix d’infrastructure.
Bornes DC
Les bornes en courant continu, plus rapides, demandent un budget bien supérieur. L’enveloppe se situe souvent entre 15 000 et 50 000 € HT, avec des écarts liés aux travaux électriques, au génie civil et au raccordement. Leur rentabilité repose donc moins sur le seul prix de vente de la recharge que sur le niveau d’utilisation réel et la valeur opérationnelle apportée à l’entreprise.
| Type de borne | Puissance courante | Coût indicatif HT | Lecture d’amortissement |
|---|---|---|---|
| AC | 7 à 22 kW | 2 000 à 4 000 € | Plus rapide si le taux d’usage est correct |
| DC | Recharge rapide | 15 000 à 50 000 € | Plus longue, mais utile sur sites très sollicités |
Ce qui pèse vraiment dans la durée d’amortissement
La borne n’explique pas tout. En pratique, la durée d’amortissement dépend d’un ensemble plus large, que je vous conseille d’analyser avant validation budgétaire.
- Le type de borne : AC ou DC, avec des coûts et des usages très différents.
- L’intensité d’utilisation : une borne utilisée souvent s’amortit mieux qu’une borne sous-employée.
- L’environnement d’installation : parking existant, site neuf, accessibilité, contraintes de raccordement.
- Les composants techniques associés : supervision, pilotage, badge, mesure des consommations.
- Les travaux annexes : génie civil, adaptation électrique, raccordement.
L’amortissement linéaire reste le schéma le plus courant. Il consiste à répartir le coût total, borne et installation compris, sur la durée retenue. Cette approche fonctionne bien pour piloter un budget flotte, à condition de ne pas oublier les coûts périphériques. C’est souvent là que se joue l’écart entre un projet rentable sur le papier et un projet rentable dans la vraie vie.
Comment accélérer la rentabilité
1. Refacturer la recharge quand le cadre le permet
La recharge peut devenir une source de revenus directe si l’entreprise choisit de la facturer à ses salariés, à ses clients ou à des tiers. La condition pratique, c’est de disposer d’un système de supervision capable d’identifier les consommations par utilisateur. Pour la mise en œuvre opérationnelle, le sujet est détaillé dans notre page sur la planification de la recharge au travail.
Sur le plan fiscal, la TVA sur l’électricité utilisée pour la recharge professionnelle est intégralement récupérable dans ce cadre. Cela améliore le coût complet, mais ne dispense pas de suivre précisément l’affectation des consommations.
2. Réduire l’investissement initial grâce aux aides
Le programme ADVENIR reste un levier utile en 2026. Il peut soutenir la fourniture et l’installation de points de recharge, avec un montant qui varie selon le site, la puissance et l’accessibilité. Pour une borne mise à disposition du public, l’aide peut atteindre jusqu’à 30 % du montant HT des fournitures, matériels et travaux, dans certaines limites par point de recharge.
Pour suivre les paramètres d’éligibilité et les niveaux d’aide, la ressource d’IZI by EDF donne un aperçu utile des dispositifs encore mobilisables. Vous pouvez aussi confronter ces aides au coût réel du chantier avant de trancher entre déploiement progressif et installation plus large.
La bonne méthode de décision
Je recommande de raisonner en trois temps, surtout si vous arbitrez entre plusieurs sites ou plusieurs puissances :
- Calculez le coût complet : borne, installation, raccordement, supervision, maintenance.
- Projetez l’usage réel : nombre de sessions, véhicules concernés, rythme de rotation.
- Testez le scénario de retour : amortissement comptable, recettes de refacturation, aides disponibles.
Cette logique évite de surdimensionner un site peu fréquenté ou, à l’inverse, de sous-équiper un parking qui supportera rapidement l’électrification de la flotte.
Le point de vigilance réglementaire
Le sujet ne se résume pas à la rentabilité. L’installation répond aussi à des obligations d’équipement sur certains parkings d’entreprise, liées à la loi LOM. Si votre site compte plus de 20 places, l’anticipation devient un vrai sujet de conformité et de budget. Pour cadrer cette dimension, l’article sur la norme AFIR et les démarches d’installation peut servir de base de travail.
En pratique, une borne AC bien exploitée peut se rentabiliser assez vite, tandis qu’une borne DC demande un site très actif pour absorber son coût. Le bon arbitrage ne se fait pas sur la vitesse seule, mais sur l’usage, le coût complet et la capacité à refacturer ou à capter une aide.