Comparer le TCO sur 48 mois et 100 000 km
Sur une flotte d’entreprise, le vrai sujet n’est pas le prix catalogue. C’est le coût total de possession, ou TCO, sur une durée d’usage réaliste. En 2026, la comparaison entre un véhicule 100 % électrique et son équivalent thermique ou hybride tourne souvent à l’avantage de l’électrique, mais pas pour une seule raison. Le gain vient d’un ensemble cohérent : énergie, entretien, fiscalité, et parfois aides à l’achat.
Pour un cadre de comparaison sur 48 mois et 100 000 km, il faut regarder quatre postes :
- l’acquisition ou le loyer
- l’énergie
- l’entretien et les réparations
- la fiscalité entreprise et l’avantage en nature
Ce que change réellement l’électrique en 2026
Le surcoût d’achat d’un VE reste présent, avec un écart annoncé entre 5 000 et 15 000 € selon les modèles. Cet écart ne disparaît pas, mais il se compense plus vite qu’avant grâce aux coûts d’usage plus faibles.
Sur l’énergie, l’écart est net. Un véhicule électrique revient à environ 2 à 4 €/100 km en recharge domestique en heures creuses, quand un thermique se situe plutôt entre 10 et 15 €/100 km. Sur 100 000 km, cela représente un différentiel très concret pour la trésorerie de flotte.
L’entretien suit la même logique. Les sources disponibles convergent vers une baisse d’environ 50 % par rapport à un thermique, grâce à une mécanique plus simple et à l’absence de plusieurs opérations classiques comme les vidanges ou certaines pièces d’usure liées à l’échappement.
Fiscalité 2026 : l’atout qui accélère le calcul
Depuis la suppression du bonus écologique entreprise et de la prime à la conversion pour les personnes morales, le soutien direct est plus limité. Les CEE restent la principale aide, avec des montants pouvant aller jusqu’à 4 450 € pour un utilitaire léger électrique neuf et 525 € pour une voiture particulière électrique.
À cela s’ajoutent trois leviers fiscaux qui pèsent dans le TCO :
- exonération de TVS et des taxes qui l’ont remplacée
- plafond d’amortissement plus favorable, jusqu’à 30 000 € pour un modèle électrique émettant moins de 20 g/km
- abattement de 70 % sur l’avantage en nature pour les véhicules électriques mis à disposition des collaborateurs
Pour une entreprise, la décision se joue donc sur le différentiel global, pas uniquement sur le prix facial.
Deux exemples de modèles parlants
Peugeot e-208 face à sa version hybride
Un comparatif publié dans la presse spécialisée donne un ordre de grandeur utile : la Peugeot e-208 affiche un TCO annuel de 6 375,48 €, contre 7 359,72 € pour la version hybride. L’écart est de 13,4 % en faveur de l’électrique.
Rapporté à 48 mois, cet écart annuel devient significatif. Sur un cycle de 4 ans, la version électrique garde un avantage régulier, surtout si le véhicule roule beaucoup et recharge à un coût maîtrisé.
Peugeot 3008 essence face au e-3008 électrique
Autre cas utile pour une flotte de direction ou de commerciaux : le comparatif entre Peugeot 3008 essence et e-3008 électrique, calculé sur 20 000 km/an. L’étude citée indique une économie nette de 5 969 € par an en faveur de l’électrique, soit plus de 17 900 € sur trois ans.
Le détail des postes montre pourquoi le résultat bascule :
- loyer LLD plus élevé pour l’électrique, d’environ 1 200 € par an
- énergie plus faible, avec environ 1 900 € d’économie annuelle
- entretien plus bas, autour de 400 € d’économie annuelle
- fiscalité plus favorable, avec environ 4 735 € d’économie annuelle sur TVS et avantage en nature
Sur un cycle 48 mois / 100 000 km, ce type de profil illustre bien le point de bascule : l’électrique coûte plus cher à l’entrée, mais moins à l’usage.
Lecture TCO par poste sur 48 mois / 100 000 km
| Poste | Électrique | Thermique / hybride | Lecture flotte |
|---|---|---|---|
| Acquisition | Plus élevé de 5 000 à 15 000 € | Plus bas à l’achat | Le surcoût initial se compense par l’usage |
| Énergie | 2 à 4 €/100 km | 10 à 15 €/100 km | Poste où le VE prend l’avantage le plus vite |
| Entretien | Environ -50 % | Plus élevé | Gain récurrent sur 4 ans |
| Fiscalité | TVS nulle, amortissement plus favorable, AEN allégé | Fiscalité moins favorable | Impact fort sur le coût complet |
À quel moment l’électrique devient-il plus rentable ?
Les éléments fournis placent le seuil de rentabilité entre 3 et 7 ans selon le kilométrage annuel. Pour une entreprise qui vise 48 mois et 100 000 km, on se trouve souvent dans la zone où le VE peut déjà passer devant, à condition que l’usage soit compatible avec la recharge et que le véhicule ne soit pas sous-utilisé.
Le bon réflexe consiste à comparer véhicule par véhicule, pas motorisation contre motorisation en bloc. Une flotte mixte reste souvent la solution la plus robuste : électrique pour les usages prévisibles et rechargeables, thermique ou hybride pour les profils qui roulent loin, souvent, et sans point de charge simple.
Vous pouvez aussi vous appuyer sur un calculateur TCO pour simuler vos propres hypothèses de loyer, énergie et fiscalité, ou sur notre dossier TCO et budget de flotte pour structurer la comparaison.
Ce que je retiens pour une entreprise en 2026
- Le VE n’efface pas le surcoût d’achat, il le compense.
- Plus le kilométrage est élevé, plus le gain énergétique pèse.
- La fiscalité entreprise renforce nettement l’écart.
- La recharge doit rester un sujet concret, pas un postulat.
En pratique, sur 48 mois et 100 000 km, le véhicule électrique devient souvent le choix le plus sobre en coût total, à condition de sécuriser l’usage et la recharge.
Pour approfondir le volet fiscal, voyez aussi la fiscalité des flottes électriques en 2026. C’est là que se joue une partie du résultat final.
Sources externes utiles : Qovoltis et Journal de l’Automobile.