Ce que change 2026 pour une borne de recharge installée au domicile d’un salarié
En 2026, la borne de recharge à domicile devient un vrai levier de politique automobile pour les entreprises qui électrifient leur flotte. Le point clé tient dans le traitement social et fiscal de cette mise à disposition. Dans certains cas, l’entreprise peut financer la borne, l’installer chez le salarié et éviter toute réintégration en avantage en nature, sous réserve de respecter un cadre précis.
La règle pratique est simple à retenir : plus la borne reste un outil de travail clairement rattaché à l’entreprise, mieux elle est sécurisée fiscalement. À l’inverse, si elle devient un équipement laissé définitivement au salarié, la question de l’avantage en nature revient dans le calcul.
Les conditions d’exonération d’avantage en nature
Le régime 2026 prévoit une exonération d’avantage en nature pour la mise à disposition d’une borne de recharge au domicile du salarié jusqu’au 31 décembre 2027, à condition que la borne soit restituée à l’employeur à la fin du contrat de travail. Cette logique est confirmée dans le Bulletin officiel de la sécurité sociale.
Concrètement, si l’entreprise achète et fait installer la borne chez le salarié, la prise en charge n’entre pas dans l’assiette sociale dès lors que la borne est récupérée en fin de contrat. Ce point est central pour les employeurs qui souhaitent équiper leurs collaborateurs sans alourdir la paie ni créer un avantage taxable mal maîtrisé.
Si la borne n’est pas restituée, le traitement devient plus encadré. La prise en charge par l’employeur peut alors être exclue de l’assiette des cotisations sociales dans des limites précises :
- 50 % des dépenses, avec un plafond de 1 057,10 € pour une borne de moins de 5 ans en 2026
- 75 % des dépenses, avec un plafond de 1 585,50 € pour une borne de plus de 5 ans
Au-delà de ces seuils, la part excédentaire peut être requalifiée en avantage en nature. Pour l’entreprise, mieux vaut donc cadrer le statut de la borne dès le départ, dans le contrat de mise à disposition ou dans la politique flotte.
Ce qui entre dans le calcul, et ce qui n’y entre pas
Le traitement fiscal ne concerne pas tout de la même manière. Les frais d’électricité liés à la recharge du véhicule au domicile ne sont pas intégrés dans l’avantage en nature du véhicule. Ils relèvent d’un sujet distinct, lié au remboursement des dépenses professionnelles.
En revanche, l’installation, l’achat et parfois l’abonnement associé à la borne doivent être suivis avec précision. L’entreprise a intérêt à distinguer ce qui relève de l’équipement de recharge et ce qui relève de l’usage du véhicule de fonction. Cette séparation évite les calculs approximatifs et limite le risque en cas de contrôle URSSAF.
Pour une lecture plus large de l’arbitrage fiscal sur le véhicule lui-même, vous pouvez vous appuyer sur l’analyse des avantages en nature véhicule en 2026 et sur le décryptage de la fiscalité des flottes électriques.
Comment sécuriser les remboursements d’électricité
Le point sensible, en pratique, reste le remboursement de la recharge à domicile. L’entreprise peut rembourser au réel ou prévoir un forfait, mais le forfait demande un cadre solide. Sans justificatifs, il devient difficile de prouver que la dépense correspond à un usage professionnel.
La solution la plus robuste consiste à tracer les consommations. Un carnet de bord, des relevés de charge ou une borne connectée permettent d’isoler les recharges liées au véhicule de fonction. Ce suivi donne à l’entreprise une base de remboursement claire et défendable.
- Tracer les sessions de recharge professionnelles
- Conserver les justificatifs d’installation et d’abonnement
- Formaliser la méthode de remboursement dans la politique flotte
- Prévoir la restitution de la borne à la fin du contrat si l’exonération est recherchée
Les bénéfices pour l’employeur
Pour l’entreprise, la borne à domicile permet d’élargir le périmètre d’usage du véhicule électrique sans imposer une contrainte immédiate d’infrastructure sur site. C’est souvent une solution pragmatique quand les trajets domicile travail et les usages professionnels appellent de la souplesse.
Le cadre fiscal 2026 apporte aussi plusieurs avantages concrets. La TVA à 20 % sur l’installation est récupérable si la dépense est facturée au nom de la société et affectée à un usage professionnel. La borne inscrite à l’actif de l’entreprise est amortissable sur sa durée d’usage, sans plafond, ce qui la distingue du traitement des véhicules.
Il existe aussi des leviers de financement complémentaires, selon les cas, via le programme ADVENIR. Pour choisir entre borne domicile, infrastructure de site et mix des deux, l’article sur l’infrastructure optimale pour sa flotte électrique aide à poser un cadre plus opérationnel.
Les bénéfices pour le salarié
Du côté du salarié, l’intérêt est immédiat. Il peut disposer chez lui d’une borne financée en tout ou partie par l’employeur, sans alourdir sa fiscalité si les conditions de restitution sont respectées. Le coût d’entrée est réduit, tout comme les contraintes de gestion quotidienne.
Pour un collaborateur équipé d’un véhicule de fonction électrique, l’avantage se renforce encore. Un abattement de 70 % sur l’avantage en nature du véhicule s’applique, avec un plafond annuel de 4 641,60 € en 2026, à condition que le véhicule soit éligible au bonus écologique et mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027. Les frais d’électricité liés à la recharge du véhicule sont également exclus du calcul de l’avantage en nature du véhicule.
Particuliers, copropriété et fin du crédit d’impôt
Le cadre 2026 distingue nettement l’entreprise du particulier. Le crédit d’impôt pour l’installation d’une borne à domicile n’est plus en vigueur depuis le 1er janvier 2026. En revanche, la TVA à taux réduit de 5,5 % reste applicable pour la fourniture et l’installation par un professionnel qualifié.
En copropriété, le programme ADVENIR continue d’offrir des aides dédiées. Les montants mentionnés dans la recherche vont jusqu’à 600 € HT par point de recharge et jusqu’à 8 000 € HT pour une infrastructure collective de parking. Pour une entreprise qui équipe des salariés vivant en copropriété, ce point peut faciliter le déploiement.
| Situation | Traitement en 2026 |
|---|---|
| Borne mise à disposition et restituée en fin de contrat | Exonération d’avantage en nature jusqu’au 31 décembre 2027 |
| Borne non restituée | Exclusion limitée de l’assiette sociale selon les plafonds en vigueur |
| Électricité de recharge à domicile | Hors avantage en nature du véhicule, remboursement à tracer |
| Installation par l’entreprise | TVA récupérable si facturation professionnelle, borne amortissable |
Le bon réflexe consiste à traiter la borne comme un élément de politique mobilité, pas comme un simple accessoire. C’est ce cadrage qui sécurise le social, le fiscal et le budget.