Le taux d’électrification des flottes d’entreprise atteint 78% en 2025
En 2025, les véhicules de société représentent 15% du parc roulant total en France, mais concentrent 42% des véhicules électrifiés, intégrant aussi bien les véhicules 100% électriques que les hybrides rechargeables. Cette donnée souligne une conversion accélérée vers l’électrique parmi les flottes professionnelles(1).
Le taux d’électrification a ainsi progressé de manière significative, passant de 55% en 2024 à 78% en 2025. Cette évolution s'explique notamment par l’intégration croissante de petites flottes dans cette dynamique, un phénomène qui témoigne d’une adoption plus large et diversifiée des motorisations électrifiées dans des contextes variés d’usage professionnel.
Par ailleurs, la distance moyenne quotidienne parcourue par les véhicules électriques a augmenté de 36 km par rapport à l’année précédente, ne s’écartant plus que de 9 km des distances couvertes par les véhicules thermiques. Cela traduit une confiance accrue dans la gestion de l’autonomie, désormais mieux maîtrisée.
Les motivations économiques et environnementales dynamisent la transition électrique
Le principal moteur de cette véritable dynamique d’électrification tient aux motivations économiques. Près de 49% des entreprises déclarent choisir l’électrique pour réaliser des économies substantielles sur les coûts de carburant et de maintenance, révélant une approche pragmatique orientée vers l’optimisation des dépenses opérationnelles(1).
Les enjeux environnementaux figurent également en bonne place, représentant 29% des motivations. Ces résultats reflètent une prise de conscience accrue des entreprises quant à leurs responsabilités RSE et à la nécessité de réduire leur empreinte carbone.
La réglementation se renforce à cet égard, avec notamment la loi d’Orientation des Mobilités (LOM) et la généralisation progressive des zones à faibles émissions (ZFE) en zones urbaines. Ces mesures exercent une pression réglementaire directe sur les choix de motorisations.
Sur le plan fiscal, le dispositif de 2025 favorise explicitement les véhicules électriques. Les abattements sur les avantages en nature (AEN) sont renforcés et une taxe incitative apparaît pour les flottes peu électrifiées, accentuant l’attractivité du véhicule électrique dans les décisions des gestionnaires.
Une fracture marquée entre grandes entreprises leaders et PME retardataires persiste
Des grandes entreprises aux statuts contrastés
Le rapport annuel de Transport & Environment (T&E) révèle que 45% des grandes entreprises n’ont pas immatriculé de véhicules électriques en 2024, montrant un retard important malgré les obligations légales en vigueur. En parallèle, une minorité de grandes flottes pionnières dépasse largement les exigences, affichant des taux d’électrification allant de 38% à 100%, incarnant un leadership tourné vers la transition énergétique(3).
Un frein structurel au sein des petites flottes
En revanche, 91% des petites flottes, généralement composées d’une moyenne de 8 véhicules, ne se donnent pas d’objectif d’électrification. Le frein principal est financier : 52% invoquent le coût élevé du renouvellement du parc, tandis que 36% pointent une offre produit souvent mal adaptée aux spécificités et besoins de certaines flottes. Ces structures ne sont pas concernées par la loi LOM, qui ne s’applique qu’aux flottes de plus de 100 véhicules, limitant leur engagement dans la voie électrique sans dispositif adapté ni guide d’accompagnement.

La gestion stratégique de la flotte s’intensifie avec une Car Policy adaptée
La gestion des flottes d’entreprise évolue qualitativement en 2025, la Car Policy devenant un véritable outil stratégique. Ce cadre dynamique s’adapte en permanence aux usages réels, aux contraintes budgétaires et à la réglementation, permettant de concilier cohérence d’usage et maîtrise des coûts(5).
L’adoption de stratégies intelligentes de gestion de la recharge s’est largement développée. Aujourd’hui, 36% des entreprises pilotent la recharge de leurs véhicules, et 41% utilisent un système complet de management énergétique permettant notamment d’optimiser la facture d’électricité.
Pour réussir cette transition, les leviers humains sont tout aussi essentiels. La formation continue, des campagnes de communication internes et un accompagnement au changement adaptés sont indispensables pour dépasser les freins organisationnels.
- Mettre à jour régulièrement la Car Policy en fonction des évolutions technologiques et réglementaires
- Déployer des systèmes de gestion énergétique intelligents pour la recharge
- Former les conducteurs et managers à l’usage et à l’entretien des VE
- Accompagner le changement par une communication transparente et motivante
L’intégration de ces recommandations optimise les résultats économiques et environnementaux tout en renforçant l’adhésion des collaborateurs.
L’encadrement fiscal et réglementaire s’alourdit pour accélérer la transition
La fiscalité 2025 met une pression accrue sur les flottes professionnelles pour accélérer l’électrification.
Comment la fiscalité encadre-t-elle l’électrification des flottes ?
La taxe annuelle incitative cible les entreprises ayant plus de 100 véhicules. Ces dernières sont soumises à des quotas d’électrification sous peine de sanctions financières proportionnelles au non-respect, une tarification qui augmente significativement en 2026 puis en 2027(4). L’abattement sur les avantages en nature (AEN) est renforcé pour les véhicules électriques, améliorant leur attractivité dans les politiques d’acquisition.
Quels sont les effets attendus des sanctions financières sur les grandes flottes peu électrifiées ?
Les pénalités visent à créer une motivation forte pour le renouvellement des parcs vers l’électricité. Ce levier incitatif devrait réduire sensiblement le nombre de retardataires et homogénéiser le taux d’électrification au sein des grandes structures.
Quelle est l’influence de la réglementation ZFE sur les stratégies d’achat et de gestion des entreprises ?
Les restrictions imposées aux véhicules thermiques dans les zones urbaines contraignent les entreprises à revoir leurs critères d’achat. Cela accentue la priorité donnée aux motorisations électriques dans les zones concernées, impactant aussi la gestion logistique et opérationnelle des flottes.
Comment les PME sont-elles affectées par le cadre réglementaire actuel et quelles solutions pourraient faciliter leur transition ?
Les PME restent largement exclues des obligations directes, limitant leur motivation à engager une transition coûteuse. Des mesures spécifiques d’accompagnement et des aides ciblées semblent nécessaires pour dépasser ces barrières économiques et techniques, favorisant ainsi une adoption plus large et équitable de la mobilité électrique.

Sources
- auto-infos.fr - https://www.auto-infos.fr/article/etude-selon-enedis-les-flottes-d-entreprises-representent-42-des-vehicules-electrifies-en-circulation.289600
- automobile-propre.com - https://www.automobile-propre.com/articles/ce-chiffre-denedis-montre-la-domination-absolue-des-flottes-dentreprises-sur-le-marche-de-la-voiture-electrique
- transportenvironment.org - https://www.transportenvironment.org/te-france/articles/verdissement-des-grandes-flottes-dentreprises-lecart-se-creuse-entre-leaders-et-retardataires
- drivetobusiness.fr - https://www.drivetobusiness.fr/blog/electrification-des-flottes-pourquoi-2025-est-lannee-du-passage-au-100-electrique
- winflotte.fr - https://www.winflotte.fr/verdissement-flottes-2025-bilan-perspectives